Moins d’annonces, une part de CDI en recul, des salaires affichés qui progressent moins vite que l’inflation. Les derniers chiffres d’Indeed Hiring Lab confirment le ralentissement du marché de l’emploi français. Mais derrière cette tendance nationale, les différences entre métiers et territoires restent considérables. Pour les employeurs, le risque serait de confondre un marché moins dynamique avec un recrutement devenu plus facile.
Résumer cet article avec l’IA
Choisissez votre assistant IA pour ouvrir un prompt de synthèse préparé à partir de cet article.
Résume cet article en 5 points clés, puis propose 3 enseignements pratiques pour une équipe RH, recrutement ou marque employeur :
Le marché de l’emploi ralentit. Les chiffres sont clairs.
Selon l’étude publiée le 1er octobre 2026 par Indeed Hiring Lab, le volume des offres d’emploi en France a diminué de 16,6 % sur douze mois à septembre 2026. Toutes les familles de métiers étudiées sont concernées.
Le baromètre Hellowork publié le 13 octobre 2026 apporte un éclairage complémentaire sur le rythme de ce recul. Le volume d’offres diffusées sur sa plateforme a diminué de 3,1 % au troisième trimestre 2026, après −4,9 % au premier et −4,1 % au deuxième. L’étude Indeed observe de son côté une modération du recul annuel des offres, passé de −20 % en septembre 2025 à −16,6 % en septembre 2026. Les deux sources convergent ainsi sur une même tendance : la baisse se poursuit, mais elle perd de la vitesse, ce qui ne suffit pas à annoncer une reprise. Les chiffres Hellowork, établis en moyenne sur douze mois glissants à partir des seules offres de la plateforme, ne sont pas directement comparables à ceux d’Indeed, dont le périmètre et la méthode diffèrent.
Le ralentissement touche également les conditions proposées aux candidats. La part des CDI parmi les offres d’employeurs directs (hors intérim) dont le contrat est identifié est passée de 78 % à 75 % entre janvier-août 2024 et la même période de 2026. La croissance annuelle des salaires affichés atteint quant à elle 1,7 % en août 2026, contre une inflation de 2,6 %.
Ces indicateurs décrivent un marché qui se contracte, avec des entreprises plus prudentes et des candidats potentiellement confrontés à davantage de concurrence.
Mais ils ne racontent pas toute l’histoire.
Moins d’offres publiées ne signifie pas nécessairement autant d’embauches en moins
Un premier élément mérite d’être rappelé : les offres d’emploi publiées sur un jobboard ne représentent pas l’ensemble des recrutements réalisés.
L’indice Indeed mesure l’évolution des offres uniques présentes sur sa plateforme. C’est un indicateur précieux de la demande de recrutement visible, mais ce n’est ni un recensement de l’ensemble des postes disponibles ni une mesure des embauches effectives. La distinction est importante.
Au premier trimestre 2026, la Dares comptabilisait 6,58 millions de contrats de travail signés dans le secteur privé en France métropolitaine, hors agriculture, intérim et particuliers employeurs. Cela représentait une progression de 0,9 % par rapport au trimestre précédent.
Dans le détail, les embauches en CDD augmentaient de 1,1 %, tandis que les embauches en CDI reculaient de 0,7 %.
Ces données ne couvrent pas la même période ni le même périmètre que celles d’Indeed. Elles montrent néanmoins pourquoi il est indispensable de distinguer le volume des annonces, la nature des contrats et les embauches réalisées.
Une entreprise peut réduire ses publications, développer son sourcing direct, privilégier la mobilité interne ou revoir ses modalités de diffusion. Ces évolutions peuvent modifier sa présence sur les jobboards sans traduire proportionnellement son activité de recrutement.
La baisse des offres reste un signal économique sérieux. Elle ne suffit simplement pas à décrire l’ensemble du marché.
Derrière la moyenne nationale, des marchés territoriaux très différents
Les séries historiques mises à disposition par Indeed permettent d’aller plus loin dans l’analyse.
Au 2 octobre 2026, l’indice national des offres d’emploi s’établit à 90,12, sur une base 100 au 1er février 2020.
Cela signifie que le volume observé est inférieur de près de 10 % à son niveau de référence. Mais l’observation régionale révèle des écarts considérables.
En Bourgogne-Franche-Comté, l’indice atteint 117,55. Il s’établit à 111,28 en Normandie, 108,18 en Bretagne ou encore 106,97 en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
En Île-de-France, il descend à 70,38.
Attention à l’interprétation : ces indices ne comparent pas les volumes absolus d’offres entre régions. Ils indiquent comment le niveau d’offres de chaque territoire a évolué depuis février 2020.
Sur un an, les 12 régions observées reculent toutes, de −11 % en Normandie à −21,6 % dans les Hauts-de-France. L’enseignement reste important : le ralentissement national ne produit pas les mêmes effets partout.
Le baromètre Hellowork fait apparaître la même hétérogénéité avec ses propres données. Au troisième trimestre 2026, l’Île-de-France y enregistre le plus fort recul (−6 %), notamment dans la distribution, les achats et le commerce, tandis que l’Occitanie et les Pays de la Loire limitent la baisse à 1 %, ce que Hellowork attribue à la hausse des recrutements dans la santé, le social et les services à la personne. Le baromètre souligne aussi le poids de la composition sectorielle : de janvier à septembre 2026, 68,5 % des offres en publicité étaient localisées en Île-de-France, contre 7,1 % de celles du BTP. Pour un employeur, la dynamique d’un territoire se lit donc aussi à travers les métiers qui y recrutent. Ces évolutions ne se comparent pas terme à terme avec les indices Indeed présentés plus haut.
Pour une entreprise qui recrute dans plusieurs régions, raisonner sur la seule tendance française peut donc conduire à des arbitrages inadaptés.
Une stratégie de diffusion efficace dans un bassin d’emploi ne le sera pas nécessairement dans un autre. Les viviers disponibles, la concurrence entre employeurs, les rémunérations pratiquées et les habitudes de mobilité diffèrent.
La géographie du recrutement ne se résume pas à la localisation d’une annonce. Elle devrait être une composante de la stratégie de recrutement.
Les métiers ne traversent pas tous le même ralentissement
Les disparités sont tout aussi importantes entre familles professionnelles.
Au 2 octobre 2026, l’indice des offres Indeed atteint 52,85 dans le développement logiciel et 55,55 dans le marketing. Il se situe à 65,62 pour les ressources humaines.
À l’inverse, il dépasse 200 pour les soins infirmiers et atteint 188,26 pour les médecins et chirurgiens.
Ces chiffres ne signifient pas que les métiers dont l’indice est le plus élevé sont automatiquement les plus difficiles à recruter. Pour mesurer une tension, il faudrait également connaître le nombre de candidats disponibles, leurs qualifications, leur mobilité et les conditions proposées.
Ils montrent cependant que la demande visible des employeurs a évolué dans des proportions très différentes.
Prenons deux entreprises.
La première recrute un profil marketing dans une grande métropole. La seconde recherche des professionnels de santé dans un territoire où les viviers sont restreints.
Toutes deux évoluent dans le même contexte économique national. Pourtant, leurs difficultés, leurs leviers de sourcing et leurs marges de négociation peuvent rester très éloignés.
C’est pourquoi le diagnostic d’un recrutement devrait toujours partir du métier et de son territoire, avant d’être confronté aux tendances nationales.
La baisse de la part des CDI ne signifie pas la disparition de l’emploi stable
L’étude Indeed observe une baisse de trois points de la proportion de CDI entre 2024 et 2026.
Mais, là encore, les évolutions diffèrent fortement.
Dans la construction, la part des CDI progresse de huit points. Elle augmente également dans la production, la logistique et le transport routier.
À l’inverse, elle recule sensiblement dans le nettoyage, les médias et la communication ou encore la pharmacie.
Un détail méthodologique change la lecture de ces résultats : la part des CDI peut progresser même lorsque leur volume diminue, dès lors que les autres formes de contrats reculent plus rapidement. C’est précisément ce qu’Indeed observe dans la construction, la logistique ou le transport routier.
Il faut donc examiner les proportions et les volumes ensemble.
Pour un employeur, cette évolution soulève aussi une question d’attractivité. Dans un environnement économique incertain, la stabilité contractuelle peut devenir un élément différenciant, particulièrement lorsque les autres entreprises d’un même secteur réduisent leurs engagements.
Encore faut-il savoir si cette attente correspond réellement aux candidats recherchés.
Les salaires affichés progressent moins vite que les prix. Et la concurrence salariale ?
En août 2026, les salaires affichés sur Indeed progressent de 1,7 % sur un an en France.
Ce résultat traduit une progression modérée des propositions salariales visibles, inférieure à l’inflation.
Il ne doit toutefois pas être confondu avec l’évolution de l’ensemble des rémunérations effectivement versées.
Les salaires affichés ne reflètent pas nécessairement les rémunérations négociées à l’embauche, les primes, les augmentations internes ou les avantages complémentaires.
Pour un recruteur, une autre question devient déterminante : sa proposition salariale reste-t-elle compétitive sur son marché de recrutement ?
Une progression salariale nationale de 1,7 % ne renseigne pas directement sur le salaire nécessaire pour attirer un technicien de maintenance, un comptable, un développeur ou un infirmier dans un bassin d’emploi donné.
La bonne échelle d’analyse est celle du métier, du territoire, de l’expérience recherchée et des conditions réellement proposées.
La rémunération constitue également un élément de la promesse employeur. Son efficacité dépend de la cohérence entre ce qui est annoncé, ce qui est négocié et ce que les collaborateurs vivent dans l’entreprise.
Un marché moins tendu peut masquer des recrutements moins performants
C’est probablement le risque le moins visible de cette période.
Lorsque les offres diminuent, certains employeurs peuvent constater une hausse du nombre de candidatures reçues pour un poste donné.
Cette augmentation peut être interprétée comme une amélioration de leur attractivité ou de l’efficacité de leurs campagnes.
Pourtant, un volume plus important de candidatures ne garantit ni davantage de profils qualifiés ni de meilleures embauches.
Le temps consacré au tri peut augmenter. Les candidats réellement pertinents peuvent rester difficiles à identifier. Les taux de transformation entre candidature, entretien, proposition et embauche peuvent se dégrader.
Une entreprise pourrait ainsi recevoir davantage de CV tout en recrutant moins efficacement.
Ce scénario n’est pas une conclusion de l’étude Indeed. C’est un risque opérationnel qui mérite d’être surveillé.
Il rappelle aussi pourquoi les investissements en marque employeur ne devraient pas être ajustés uniquement en fonction du volume de candidatures.
L’attractivité se construit dans la durée. Elle dépend de la réputation de l’employeur, de la lisibilité de ses métiers, de la crédibilité de ses engagements et de la qualité de l’expérience proposée aux candidats. Un ralentissement économique ne fait disparaître aucun de ces enjeux.
Ce que les directions RH devraient mesurer en 2026
L’évolution du marché invite finalement à réexaminer les indicateurs utilisés pour piloter les recrutements.
Le nombre d’offres publiées, le volume de candidatures et le coût par candidature conservent leur utilité. Mais pris isolément, ils peuvent donner une vision trompeuse de la performance.
Une direction RH gagnerait à croiser plusieurs lectures :
- La demande de recrutement : évolution des besoins par métier, territoire et type de contrat.
- La qualité du sourcing : candidatures pertinentes, sources réellement contributrices et taux de qualification.
- L’efficacité du processus : délais, conversions entre étapes, propositions acceptées ou refusées.
- La compétitivité employeur : rémunérations, conditions proposées, perception des candidats et concurrence locale.
- L’efficacité économique : investissements médias, coût d’acquisition des candidatures qualifiées et coût des recrutements effectivement réalisés.
L’objectif n’est pas d’accumuler les indicateurs. Il est d’identifier ceux qui permettent de prendre une décision.
Faut-il renforcer une campagne de sourcing ? Adapter une proposition salariale ? Revoir les exigences d’une fiche de poste ? Développer une présence employeur sur un territoire ? Améliorer la sélection ou raccourcir les délais de décision ?
Ce sont ces arbitrages qui donnent de la valeur aux données.
Conclusion : le ralentissement du marché ne dispense pas les employeurs de comprendre leurs recrutements
Les données Indeed décrivent clairement une dégradation du marché de l’emploi français en 2026.
Mais elles révèlent aussi une réalité plus complexe : les métiers, les territoires, les formes de contrat et les rémunérations n’évoluent pas au même rythme.
Pour les directions RH, l’enjeu consiste désormais à traduire ces tendances générales en décisions adaptées à leurs propres besoins.
Un marché moins dynamique peut faciliter certains recrutements. Il peut aussi rendre moins visibles les faiblesses d’une stratégie de sourcing, d’une proposition employeur ou d’un processus de sélection.
Le véritable avantage des entreprises sera de mieux comprendre les candidats qu’elles doivent attirer, convaincre et recruter, dans un marché où leur disponibilité ne garantit jamais leur adéquation aux besoins.
FAQ : comprendre le marché de l’emploi en 2026
Pourquoi les offres d’emploi diminuent-elles en France en 2026 ?
Selon l’analyse d’Indeed Hiring Lab, la dégradation du contexte économique et la prudence des entreprises pèsent sur la demande de recrutement visible. Le volume d’offres a diminué de 16,6 % sur un an à septembre 2026. Cette mesure porte sur les offres de la plateforme et non sur l’ensemble des embauches françaises.
La baisse des offres signifie-t-elle que les recrutements deviennent plus faciles ?
Pas nécessairement. Les difficultés varient selon les compétences, les métiers, les territoires et les conditions proposées. Un volume de candidatures plus élevé ne garantit pas davantage de candidats qualifiés.
La part des CDI diminue-t-elle dans les offres d’emploi ?
Oui, selon Indeed, elle est passée de 78 % en 2024 à 75 % en 2026 sur le périmètre étudié. Cette moyenne masque toutefois des évolutions opposées selon les familles de métiers.
Comment adapter sa stratégie de recrutement dans un marché en ralentissement ?
En confrontant les données nationales à la réalité de ses métiers et territoires, puis en suivant la qualité des candidatures, les conversions du processus, la compétitivité des propositions et les coûts d’acquisition.
Sources et méthodologie
- Indeed Hiring Lab, Le marché du travail à l’automne 2026 : moins d’offres et des contrats plus incertains, 1er octobre 2026.
- Séries Indeed Hiring Lab, indices nationaux, régionaux et sectoriels des offres, données arrêtées au 2 octobre 2026 (méthodologie du suivi des offres).
- Indeed Wage Tracker, croissance annuelle des salaires affichés, août 2026.
- Dares, Les embauches, mouvements de main-d’œuvre du premier trimestre 2026, publication du 9 juillet 2026.
- Hellowork, baromètre des offres d’emploi du troisième trimestre 2026, présenté par Helloworkplace le 13 octobre 2026 (offres diffusées sur Hellowork du 1er juillet au 30 septembre 2026, moyenne sur 12 mois glissants).
Les indices Indeed sont exprimés en base 100 au 1er février 2020. Les évolutions nationales, régionales et sectorielles sont rapportées à leurs propres références. Ces indices ne permettent pas de comparer directement les volumes absolus d’offres. Les résultats issus des offres ne constituent pas une mesure exhaustive des embauches ni des tensions de recrutement. Les tendances Hellowork citées dans l’article sont présentées en parallèle des indices Indeed, et non en comparaison.
Les tendances nationales ne remplacent pas la lecture de votre propre marché.
Inside Linkers accompagne les directions RH dans l’analyse de leurs marchés de recrutement, la construction de leur stratégie de marque employeur et le pilotage de leurs performances de sourcing.

